PYODERMA GANGRENOSUM : A PROPOS DE 12 CAS
DOI :
https://doi.org/10.61585/pud-dkm-v69HS07Mots-clés :
Pyoderma Gangrenosum - Ulcération cutanée – Corticothérapie – Pathologies associées .Résumé
Introduction. Le pyoderma gangrenosum est une dermatose inflammatoire rare, caractérisée par des ulcérations cutanées douloureuses et évolutives. Son diagnostic est souvent difficile, reposant sur un faisceau d’arguments cliniques et paracliniques ainsi que l’exclusion des autres
causes d’ulcération.
Objectifs : Décrire les aspects épidémiologiques, cliniques, évolutifs et thérapeutiques du pyoderma gangrenosum à travers une série rétrospective de 12 cas.
Materiels et méthodes : Etude rétrospective incluant 12 patients atteints de pyoderma gangrenosum, pris en charge entre 2009 et 2025 dans le service de Dermatologie Vénéréologie de l’IHS et de l’hôpital Dalal Jamm à Dakar
Résultats : Neuf femmes et trois hommes étaient colligés. Le sex-ratio H/F était 0,3. L’âge moyen était de 38 ans (5ans–84ans). Le niveau socio-économioque est jugé moyen dans 59% des cas. Des antécedants d’ulcère retrouvés chez 5 patients. Un syndrome polymalformatif dans 1 seul cas (fille de 5 ans). La notion d’un traumatisme déclenchant est retrouvée dans un cas. La durée moyenne des symptômes était de 1an et 2mois (5 jours–5 ans). Des consultations antérieures avec un traitement médicale chez 50% des patients. Une notion de phytothérapie dans 3 cas. La lésion élémentaire initiale était une pustule dans 4 cas, une papule (4 cas), une vésicule (3 cas) et une bulle (1 cas). Le test de pathergy était positif chez 11 patients. La forme ulcérative était la plus fréquente (11 cas). Un patient présentait la forme bulleuse. Le PG était localisé au niveau des membres inférieurs (10 cas), des membres supérieurs (2 cas), du tronc (3 cas), des fesses (2 cas), du cuir chevelu (1 cas), de la nuque (1 cas). Le PG est multiple dans 50% des cas. Et il était associé à une maladie de Crohn chez 3patients, à la rectocolite hémorragique chez un patient, à un rhumatisme inflammatoire chez un patient et à un PAPA syndrome dans un cas. Une surinfection bactérienne est retouvée dans 3 cas. Le germe isolé dans les 3 cas est le pseudomonas aerguinosa. Le traitement consistait en une corticothérapie générale (0,5 à 1 mg/kg/j) dans 11 cas, le méthotrexate dans un cas de
PR associée. La durée du traitement d’attaque était d’une moyenne de 8 semaines. Et la durée d’hospitalisation est de 17 jours. Une cicatrisation était obtenue dans tous les cas, avec une récidive chez 5 patients.
Conclusion : Le pyoderma gangrenosum reste un diagnostic de défi, nécessitant une prise en charge multidisciplinaire. La précocité du diagnostic et le traitement adapté conditionnent le pronostic et limitent les séquelles. Notre étude souligne l’hétérogénéité des présentations cliniques et l’importance d’une approche individualisée