CARACTERISTIQUES DES MYOPATHIES INFLAMMATOIRES VUES EN RHUMATOLOGIE AU CHU DE COCODY
DOI :
https://doi.org/10.61585/pud-dkm-v69n101Résumé
Introduction
Les myopathies inflammatoires dites « idiopathiques » (MII) forment un groupe de pathologies très diverses dont le seul point commun est d’être défini par l’infiltration inflammatoire primaire du tissu musculaire squelettique secondaire à une réponse auto-immune. La classification des MII a évolué durant ces dernières années en différentes entités distinctes dont les particularités diagnostiques, les traitements, l’évolution et le pronostic diffèrent. En Côte d’ivoire, très peu d’études spécifiques sur les myopathies inflammatoires ont été réalisées d’où l’intérêt de notre étude dont l’objectif général est de faire l’état des lieux des myopathies inflammatoires idiopathiques (MII) des patients suivis au CHU DE COCODY
Patients et méthode : Il s’est agi d’une étude rétrospective, descriptive portant sur les dossiers de patients souffrant de myopathies, vus dans le service de rhumatologie du CHU de Cocody entre janvier 2010 et août 2022. Ceux répondant aux critères diagnostiques des MII de TROYANOV ont été inclus. Leurs aspects épidémiologiques, cliniques, paracliniques et thérapeutiques ont été décrits.
Résultats : Treize tableaux cliniques de myopathies inflammatoires (9 femmes et 4 hommes) ont été inclus. L’âge moyen était de 36,46 +/- 11 ans. La durée moyenne d’évolution était de 6,3 mois. Sur le plan clinique, la douleur et la faiblesse prédominaient sur les muscles proximaux chez tous les patients. Les manifestations articulaires étaient à type d’arthrites (7 cas) et d’arthralgies (6 cas). Des signes cutanés à type d’érythème périorbitaire, un œdème cutané chez 4 patients souffrants de dermatomyosite (DM). Sur le plan biologique le taux moyen de la CPK était de 1169,23 UI/l avec des extrêmes de 77 UI/l et 4712 UI/l. Les enzymes musculaires étaient fortement élevées au diagnostic chez presque tous nos patients. L’ENMG notait un tracé de type myogène chez 5 patients. Le dosage des anticorps spécifiques des myopathies réalisé (n=9) notait uniquement des anticorps anti-Jo1 positifs chez 4 patients. Les différents types de myopathies rencontrés étaient la dermatomyosite (n = 5), le syndrome des anti-synthétases (n = 4), les myosites associées aux cancers (n=2), le syndrome de chevauchement (n=1) et polymyosite pure (n=1). La corticothérapie à forte dose était instituée chez tous nos patients. Le traitement de fond a été institué chez 5 patients. L’évolution clinique était favorable chez 8 patients.
Conclusion : Les myopathies inflammatoires idiopathiques sont des maladies de système qui restent rares dans notre contexte. Elles ont une prédominance féminine et apparaissent à un âge relativement jeune. Les caractéristiques cliniques, paracliniques enregistrés dans notre étude sont généralement similaires à celles retrouvées dans la littérature.