Dépigmentation cosmétique volontaire dans la ville de Parakou au Bénin en 2024 : perceptions et pratiques
Mots-clés :
Dépigmentation volontaire, pratique, perception, ParakouRésumé
Introduction : Pratique mondiale, la dépigmentation cosmétique volontaire (DCV) est l’utilisation à visée cosmétique des produits éclaircissant de la peau. L’objectif était d’étudier les perceptions et la pratique de la DCV dans la ville de Parakou en 2024.
Matériel et méthodes : Il s’est agi d’une étude transversale descriptive et à visée analytique avec la collecte prospective des données qui s’est déroulée dans la ville de Parakou en 2024. L’échantillon a été obtenu au moyen d’un sondage en grappes à deux degrés. Ont été inclus les sujets des deux sexes âgés de 18 ans au moins résidant à Parakou pendant la période de collecte et ayant donnés leur consentement éclairé à participer à l’étude. Les données ont été analysées avec le logiciel SPSS version 21 et le seuil de significativité était p < 0,05.
Résultats : Au total 535 sujets ont été enquêtés. La prévalence de la DCV était de 19,44%. L'âge moyen des sujets interrogés était de 25,01ans ± 8,18 ans, il y avait une prédominance féminine (72,12%), la plupart des enquêtés était célibataires (60,58%) et ils avaient un niveau d’instruction secondaire (55,77 %). La quasi-totalité des enquêtés (87,48%) avaient déjà entendu parler de la dépigmentation et le plus souvent par l’entourage (78,63%). Les motivations étaient principalement l'uniformisation du teint (36,97 %) et l'éclaircissement du teint (26,05 %). Les complications de la dépigmentation étaient les vergetures (61,90%), les dyschromies (53,97%). La perception du teint clair était moyennement favorable dans 48,60% des cas et significativement associée (p = 0,035) à la pratique. La couleur de la peau était un critère de beauté pour 65,61% des participants et 46,73 % ont affirmé que la peau permet de séduire. La peau claire était culturellement perçue comme symbole de beauté et plus attrayante que la peau noire respectivement par 57,38 % et 23,36 % des sujets interrogés.
Conclusion : Plusieurs motivations sont à l’origine de la DCV. Des actions de sensibilisation et d’interdiction de vente des produits dépigmentants permettront de réduire voire d’éradiquer cette pratique.